Editorial

Avec un taux de pénétration de 3,1%, le marché marocain de l'assurance affiche la meilleure performance dans la région MENA et la deuxième sur le continent africain. Cette performance est le résultat d’un processus de réformes initié, depuis deux décennies, par le régulateur et les opérateurs, et qui s’est traduit sur le terrain par la modernisation du cadre réglementaire, la libéralisation progressive des tarifs, l’amélioration de l’offre des produits et des services et le renforcement de l’assise financière des acteurs dont certains s’exportent au-delà des frontières.

Ce dynamisme a été également porté par l'essor économique et social qu'à connu le Royaume du Maroc sous l’impulsion de sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu le glorifie, par le développement et la professionnalisation des réseaux de distribution aussi bien classique que bancaire, et depuis peu, par l’exploitation de plus en plus visible des technologies de l’information dans la relation client et dans les services associés.
Toutefois, ce taux demeure relativement bas : le nombre restreint des assurances obligatoires, l’insuffisance de couverture des petites et moyennes entreprises, le faible taux d’équipement des ménages en solutions assurantielles et l’absence d’une offre structurée en direction des populations à faible revenu démontrent clairement qu’il reste des opportunités et des gisements de croissance pour les années à venir.
Des leviers sont d’ores et déjà identifiés et des textes de loi sont dans le circuit d’approbation ou en cous d’élaboration pour permettre l’élargissement de la couverture d’assurance et la protection des biens et des personnes contre un bon nombre d’aléas. Il s’agit notamment de l’assurance Takaful ainsi que de l’assurance contre les risques catastrophiques.
La micro-assurance et l’assurance agricole sont deux leviers qui devraient connaître un développement plus important dans les années à venir en intégrant un pan important de la population jusque-là exclu de tout système d'assurance.
Les opérateurs et le régulateur explorent aussi la possibilité de mettre en place un cadre réglementaire permettant l’essor des assurances affinitaires, bien que cette branche ne puisse contribuer significativement à la croissance.
L’ensemble du dispositif réglementaire et l’offre produit ne seraient suffisants pour un développement harmonieux du secteur de l’assurance sans le renforcement des canaux de distribution et leur élargissement avec notamment, un recours plus soutenu aux nouvelles technologies et à la vente en ligne.
Le renforcement des réseaux de distribution passera nécessairement par un meilleur encadrement et accompagnement sur le terrain ainsi que par la poursuite de l’effort de formation pour rehausser le niveau de compétence du capital humain et repenser la relation client.
L’ensemble de ces évolutions devraient permettre au secteur marocain de l’assurance d’accélérer son développement, de garder sa place de marché de référence au niveau régional et continental et d’être en phase avec les ambitions affichées par les plus hautes autorités du Royaume pour faire de Casablanca une place financière internationale de référence.

 

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